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Algérie


-  Superficie : 2 381 741 km2.

-  Population : 30 841 000.

-  Langue : arabe (off.).

-  Nature de l’Etat : république unitaire.

-  Chef de l’Etat : Abdelaziz Bouteflika.



Algérie - Rapport annuel 2003

Même si la menace des groupes armés islamistes est moins pesante, les journalistes algériens sont encore loin de pouvoir exercer librement leur métier. C’est au tour de notables et d’hommes d’affaires locaux, ou encore de représentants du mouvement contestataire en Kabylie, de faire pression sur eux. Par ailleurs, le ministère de la Défense a engagé des poursuites contre plusieurs d’entre eux.

En 2002, les journalistes algériens ont été confrontés à des intimidations, des agressions et des poursuites judiciaires qui émanaient non seulement de l’Etat mais également de notables, d’hommes d’affaires locaux ou encore de délégués des Aârchs, les représentants du "mouvement citoyen" en Kabylie. Les correspondants locaux ont été les principales victimes de ces exactions. L’agression dont a été victime Abdelhaï Beliardouh, correspondant d’El Watan à Tébessa, en est le plus triste exemple. En juillet, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région et ses hommes de main l’ont violemment frappé, insulté et humilié. Très éprouvé, le journaliste tente de se suicider en octobre. Il décède en novembre. Par ailleurs, la couverture des émeutes en Kabylie a été particulièrement difficile pour la presse locale, prise en tenaille entre les différentes forces en présence. Nombre de journalistes ont fait état de pressions et de menaces provenant de délégués des Aârchs. Dans toutes ces affaires, l’impunité a trop souvent été la règle.

De leur côté, les autorités ont disposé, avec l’article 144 bis du code pénal, d’une véritable épée de Damoclès pour faire pression sur la presse. Ce texte prévoit des peines de deux à douze mois de prison et des amendes de 50 000 à 250 000 dinars (environ 625 à 3 125 euros) contre toute "atteinte au président de la République en termes contenant l’injure, l’insulte ou la diffamation [...]". Toutes ces sanctions sont également applicables quand les délits sont commis à l’encontre du "Parlement ou de l’une de ses deux Chambres, ou de l’ANP [l’Armée nationale populaire]" . Durant l’année, le ministère de la Défense a porté plainte pour "diffamation" contre plusieurs journalistes. Certains d’entre eux ont été condamnés à des amendes. De façon générale, les professionnels des médias sont toujours confrontés à la censure et l’autocensure, les sujets tabous restant encore nombreux : certains thèmes ayant trait aux droits de l’homme, l’influence des généraux, etc.

Enfin, dans les affaires de disparitions de journalistes entre 1994 et 1997, les enquêtes n’ont nullement progressé. Reporters sans frontières avait conclu, lors d’une mission d’enquête, en janvier 2001, à l’enlèvement de trois d’entre eux par les forces de sécurité.

Nouveaux éléments sur des journalistes tués avant 2002

Alors que Reporters sans frontières était en mission en Algérie en octobre 2002, plusieurs journalistes de Tizi-Ouzou, sous couvert de l’anonymat, ont confié à l’organisation que la "mafia du foncier" serait impliquée dans l’assassinat, en septembre 1995, de Saïd Tazrout, correspondant du quotidien Le Matin à Tizi-Ouzou. Selon des témoins, les assassins seraient arrivés à bord d’un taxi. Atteint d’une ou plusieurs balles à la jambe, Saïd Tazrout était tombé à terre puis avait été achevé de deux balles dans la tête. Le journaliste avait, une semaine avant sa mort, fait paraître un dossier sur une affaire foncière. Son article concluait : "Dans le prochain numéro, nous vous donnerons des noms." Selon un confrère, certaines personnes impliquées dans "ce lobby" seraient les commanditaires du meurtre. "Le journaliste a été tué à 400 mètres de la gendarmerie. Il avait sur lui deux armes. Depuis ce jour, personne n’a osé écrire sur cette mafia du foncier à Tizi-Ouzou", a-t-il expliqué. Pour un autre journaliste de Tizi-Ouzou, Saïd Tazrout "avait touché aux intérêts de groupes extrêmement puissants". Un troisième journaliste a précisé à Reporters sans frontières qu’en 1998, suite à un article sur la "mafia du foncier" dans la région, un individu était venu à son bureau et l’avait menacé. "Me souvenant du journaliste assassiné en 1995, lorsque ma direction m’a demandé, plus tard, de retravailler sur ce sujet, j’ai refusé. J’avais trop peur." A l’époque, la presse avait rapporté que Saïd Tazrout avait été tué par des groupes armés islamistes.

Selon Reporters sans frontières, 57 journalistes ont été assassinés entre 1993 et 1996. Une quarantaine d’autres employés des médias ont également trouvé la mort au cours de ces années noires. En juin 2000, des représentants du ministère de la Justice avaient affirmé à l’organisation que pour vingt des professionnels de la presse assassinés, les auteurs ou leurs complices avaient été identifiés et parfois condamnés. Dans tous les autres cas, ces mêmes officiels affirmaient qu’une enquête préliminaire avait été ouverte. Dans plusieurs affaires présentées comme "élucidées", au moins quinze condamnations par contumace à la peine capitale auraient été prononcées depuis 1993. De leur côté, des avocats déclaraient que, dans certaines affaires, les forces de l’ordre avaient "collé" des assassinats de journalistes à des gens arrêtés dans le cadre de la lutte contre les groupes armés islamistes. S’il ne fait aucun doute que la majorité de ces 57 journalistes ont été tués par des groupes armés islamistes, quelques cas posent un certain nombre de questions. Plusieurs personnes pensent qu’ils ont pu être assassinés par des services proches du pouvoir, de façon à "éliminer les gêneurs, diaboliser les terroristes et intimider la presse".

Journalistes disparus

Cinq journalistes ont "disparu" entre 1994 et 1997. Deux d’entre eux ont été enlevés par des groupes armés islamistes. Dans l’attente d’enquêtes approfondies, différents éléments permettent de penser que les trois autres ont été enlevés par des membres des forces de sécurité.

Le 28 février 1994, Mohamed Hassaïne, correspondant local du quotidien Alger Républicain, est enlevé à la sortie de son domicile à Larbatache (wilaya de Boumerdès), alors qu’il se rendait à son travail. Selon les témoignages de ses proches et de sa famille, les quatre hommes qui ont enlevé Mohamed Hassaïne appartiendraient à des groupes armés islamistes. Des "repentis" affirment qu’il a été assassiné le jour même de son enlèvement.

Le 29 octobre 1994, Kaddour Bousselham, correspondant du quotidien public Horizons à Hacine, dans la région de Mascara (ouest du pays), est enlevé. Il habitait avec sa famille sous une tente depuis que son domicile avait été détruit par un tremblement de terre. Il aurait été torturé puis égorgé par un groupe armé islamiste, dirigé par l’émir Zoubir. Selon les services du ministère de la Justice, une information judiciaire a été ouverte le 27 novembre 1994. Elle a débouché sur un non-lieu prononcé le 18 février 1995.

Le 6 mai 1995, Djamil Fahassi, journaliste à la Chaîne 3 de la radio nationale, est enlevé par deux individus alors qu’il sort d’un restaurant. Il est conduit de force dans une voiture qui, d’après plusieurs témoins, a pu franchir sans aucun problème un barrage de police, situé tout près de la prison de El Harrach. Selon le ministère de la Justice, cette affaire a fait l’objet d’une enquête préliminaire et serait en cours d’instruction devant le tribunal d’Alger. Pour l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH - gouvernemental), citant la gendarmerie nationale, Djamil Fahassi n’a fait l’objet "ni d’une interpellation, ni d’une arrestation". Le 12 avril 1997, Aziz Bouabdallah, journaliste du quotidien arabophone El-Alam Es-Siyassi, est enlevé à son domicile, à Alger, par plusieurs hommes "très bien habillés en civil, comme des membres de la sécurité militaire", selon la famille. Le journaliste est conduit de force dans une voiture blanche. Quelques jours après l’enlèvement, un ami de la famille, capitaine du Département de renseignements et de sécurité (DRS), affirme être responsable de "l’opération" et explique qu’Aziz Bouabdallah "n’a rien fait, il a simplement écrit un article diffamatoire". Quinze jours plus tard, alors que la famille tente d’obtenir plus d’informations, l’officier a disparu. Selon l’ONDH, la gendarmerie nationale a expliqué que le journaliste avait été "enlevé par un groupe armé non identifié (GANI) de quatre hommes". Le non-lieu prononcé par le tribunal d’Alger, le 20 mai 2000, a été annulé, le 27 juin, par la chambre d’accusation.

Le 9 juillet 1996, Salah Kitouni, directeur de l’hebdomadaire national El Nour, suspendu en octobre 1992, se présente au commissariat de police de Constantine après y avoir été interrogé quelques jours plus tôt. Depuis, sa famille est sans nouvelles. Suite à ses demandes écrites, le procureur lui explique, en mars 1997, que la police a remis Salah Kitouni, le 19 juillet 1996, au Centre de recherches et d’investigations de la cinquième région militaire. Depuis, la famille de Salah Kitouni n’a reçu aucune réponse aux multiples lettres adressées aussi bien à l’ONDH, au médiateur de la République qu’au chef de l’Etat lui-même. En octobre 2002, Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH, qui remplace l’ONDH), fait part de son impuissance à Reporters sans frontières : "Nous n’avons pas les moyens de savoir ce qu’il s’est passé. Nous demandons des renseignements aux différentes administrations mais leurs réponses restent évasives. Que pouvons-nous faire ? Nous ne sommes pas une commission d’enquête. Ces disparitions ont eu lieu alors que c’était le chaos total. Il n’y avait plus d’Etat. Nous ne pouvons qu’encourager les familles à porter plainte. L’Etat étant responsable de ces disparitions, nous sommes pour les indemnisations. Mais cela ne veut pas dire "acheter le problème". Il faut la mise en place d’une véritable commission d’enquête sur ce problème. "

Quatre journalistes agressés

Le 13 mars 2002, à Tizi-Ouzou, alors qu’il couvre des réactions de rue suite à un discours du président Abdelaziz Bouteflika, Lotfi Bouchouchi, correspondant en Algérie de la chaîne de télévision française TF1, est grièvement blessé au nez par une grenade lacrymogène tirée par un gendarme. Le journaliste est touché alors qu’il est éloigné des manifestants et clairement identifiable comme cameraman. Le 14 mars, durant une marche non autorisée organisée par le FFS (Front des forces socialistes, parti d’opposition) à Alger, de nombreux journalistes sont insultés et malmenés par la police. Le 28 mars, M.K. Soussa, journaliste du quotidien Le Matin, est blessé lors d’une marche réprimée par les forces de l’ordre à Tizi-Ouzou. Atteint au genou par une bombe lacrymogène, il a une double fracture du tibia et du genou. En mai, Kamel Boudjadi, journaliste du quotidien La Nouvelle République, est violemment frappé par les forces de l’ordre alors qu’il couvre des émeutes à Tizi-Ouzou. Le 20 juillet, Saâd Garboussi, président de la Chambre de commerce et d’industrie des Nememchas (wilayas de Tébessa et de Souk Ahras), se présente, avec trois fonctionnaires de la Chambre de commerce au domicile d’Abdelhaï Beliardouh, correspondant du quotidien El Watan à Tébessa. Le journaliste est roué de coups devant sa famille avant d’être traîné dans les rues de la ville. Il y est frappé et insulté. Il est ensuite conduit dans la cave de la villa de Saâd Garboussi où il est interrogé sur un article paru le jour même. Il est relâché quelques heures plus tard. Cette agression fait suite à la parution, dans l’édition du 20 juillet d’El Watan, d’un article intitulé "Arrestation du président de la Chambre". Abdelhaï Beliardouh écrivait notamment que Saâd Garboussi "aurait été cité par un repenti comme étant un pourvoyeur de fonds pour le terrorisme" et "aurait participé au blanchiment des fonds du GIA, fruits du crime et du racket qui ont endeuillé les régions de Médéa et de Jijel". Le 19 octobre, Abdelhaï Beliardouh tente de se suicider en avalant de l’acide pur. Il est transporté d’urgence dans un hôpital d’Alger. Le journaliste décède dans la nuit du 19 au 20 novembre. L’acide avait provoqué de graves lésions internes, notamment à l’œsophage et à l’estomac.

Pressions et entraves

En janvier 2002, Ali Ben Chaabane, chef du bureau du quotidien L’Expression, reçoit des menaces de mort par téléphone. Selon lui, l’auteur de l’appel est l’un des frères de Belaïd Abrika, l’un des leaders les plus connus du mouvement citoyen. Le journaliste venait de rédiger une série d’articles où il parlait de l’essoufflement du mouvement, du racket des commerçants, etc.

Mi-février, Hamid Benatia, correspondant du quotidien arabophone El Youm à Annaba, est l’objet d’un véritable harcèlement administratif de la part de la police locale qui lui demande toutes sortes de documents relatifs à la légalité de son bureau de correspondant. Ces mesures interviennent peu après que le journaliste avait critiqué le rôle des forces de police lors d’émeutes dans la région.

Le 4 mars, Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan, est relaxé par la cour d’appel d’Alger. Le journaliste avait été condamné en première instance le 5 novembre 1997 pour "atteinte à corps constitué". Il était poursuivi par le ministère public pour des propos tenus en septembre 1995 sur les chaînes de télévision françaises TF1 et Canal Plus. S’interrogeant sur les meurtres de journalistes algériens, le directeur d’El Watan n’avait alors pas exclu une responsabilité de "clans du pouvoir". Lors de son interrogatoire, le 18 février, le directeur d’El Watan a déclaré que ses propos "ne visaient aucun corps constitué et aucune institution de l’Etat", mais il n’excluait pas que "la mafia politico-financière soit impliquée dans certains assassinats de journalistes".

Le 14 mars, une marche non autorisée organisée par le Front des forces socialistes à Alger est réprimée. Zoubir Khelaifia, du Jeune Indépendant, est arrêté avec d’autres manifestants et interrogé dans un commissariat. Hassan Kaoua, journaliste à la Chaîne III (radio publique), est également arrêté puis relâché sans avoir été interrogé. Malika Taghlit, photographe d’El Watan, voit son appareil photo endommagé par la police.

Le 26 mai, le ministère de la Communication interdit à la presse étrangère de se rendre en Kabylie pour y couvrir les élections parlementaires. Les autorités algériennes invoquent un "incident" survenu en Kabylie à l’escorte policière qui encadrait une équipe de France 2. Le 27 mai, suite aux protestations des journalistes étrangers, Abdelaziz Belkhadem, ministre des Affaires étrangères, déclare qu’ils peuvent se rendre où ils le souhaitent.

Fin juin, le tribunal de Chéraga (banlieue d’Alger) condamne Lotfi Nezzar à une amende de 1 000 dinars (environ 12 euros) et à 1 dinar symbolique à verser au plaignant. Le 19 octobre 2001, Sid Ahmed Semiane dit S.A.S., chroniqueur au quotidien Le Matin, avait été violemment frappé par Lotfi Nezzar pour avoir critiqué le père de ce dernier, Khaled Nezzar, général major à la retraite et ancien ministre de la Défense. L’agression avait eu lieu dans une discothèque d’Alger. Un an auparavant, une altercation avait déjà éclaté entre les deux hommes. Et les mois précédant l’agression, le journaliste avait été menacé à plusieurs reprises par Lotfi Nezzar.

Le 7 août, plusieurs employés de l’ENTV (télévision publique) se rassemblent devant le siège du quotidien El Youm, à la maison de la presse Tahar-Djaout, à Alger. Ils protestent contre la publication d’une caricature parue le jour même dans le quotidien. Celle-ci se moquait de la façon dont les femmes étaient recrutées au sein de la télévision d’Etat. Les hommes tentent de pénétrer de force dans les locaux du journal, insultent les journalistes du quotidien et menacent Djamel Noun, le caricaturiste. Ce dernier préfère se cacher jusqu’au 10 août en raison des menaces proférées à son encontre. Il affirme que la télévision algérienne avait lancé une campagne de dénigrement à son encontre en le qualifiant de "terroriste" et en le mettant sur le même plan que le chef du GIA, Antar Zouabri. Le 30 juillet, El Youm avait été condamné à 210 000 dinars (environ 2 600 euros) de dommages et intérêts suite à une plainte de l’ENTV. La télévision avait porté plainte pour "diffamation" suite à une enquête de Redouane Boudjemâa sur la gestion de la télévision publique.

Mi-septembre, Ali Hemici, journaliste du quotidien El Ahdath, et Ghanem Khemissi d’Erraï sont menacés à Annaba par un élu du Rassemblement national démocratique (RND), au siège du parti. Il faut l’intervention de militants de ce parti pour que ce notable local ne frappe pas les journalistes. Ces derniers avaient publié des articles critiques le concernant.

Le 19 septembre, Nabil Chaoui, du quotidien Le Jeune Indépendant, est menacé, dans son bureau à Annaba, par deux hommes. Trois jours auparavant, le journaliste avait fait paraître un article dans lequel il rapportait les propos du président de la Chambre de commerce et d’industrie de Seybouz - Annaba qui mettait en cause un industriel de la région. Selon lui, les auteurs des menaces étaient des hommes de main de l’industriel.

Le 27 septembre, alors qu’elle couvre une réunion du mouvement citoyen, Madjda Demri, correspondante du quotidien L’Authentique à Tizi-Ouzou, est violemment prise à partie par plusieurs délégués qui demandent à la présidence tournante d’exiger d’elle des excuses. La journaliste avait écrit un article sur un meeting du Front des forces socialistes que des partisans du mouvement citoyen avaient empêché de se tenir, et au cours duquel des membres de ce parti avaient été frappés.

Fin septembre, Said Tissegouine, chef du bureau du quotidien algérois Le Jeune Indépendant à Tizi-Ouzou, fait paraître une enquête sur l’argent recueilli par diverses organisations caritatives pour aider les blessés des émeutes en Kabylie. Sa conclusion : l’argent n’est jamais parvenu dans les caisses du mouvement. A la fin de l’article, le journaliste précise que, dans son prochain numéro, un délégué fera des révélations sur ces affaires de détournement de fonds et qu’il citera des noms. Peu après, des amis du journaliste l’informent que sa vie est "en danger", qu’il est "menacé de mort". Le journaliste préfère alors s’éloigner de Tizi-Ouzou durant quinze jours. L’interview "choc" ne paraîtra jamais.

Le 7 octobre, alors qu’il couvre des émeutes à Irdjen (Kabylie), Samir Leslous, photographe du quotidien Liberté, est poursuivi par des forces anti-émeutes. Dans sa fuite, il chute et se fracture la jambe.

Le 6 novembre, une trentaine de membres de familles de disparus se réunissent devant la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme, et s’apprêtent à se diriger vers la présidence lorsqu’elles sont prises à partie par des membres des forces de l’ordre. Un journaliste du quotidien arabophone El Fadjr, Ibrahim Fakhar, est notamment frappé alors qu’il avait précisé sa profession. Il est ensuite conduit au commissariat de Cavaignac (centre d’Alger) où il est, de nouveau, violemment battu. Un autre journaliste, qui a requis l’anonymat, est menacé par un policier : "Si tu écris un mot sur moi, je te flingue."

Tout au long de l’année, le ministère de la Défense porte plainte pour "diffamation" contre plusieurs titres dont les quotidiens El Watan, Liberté et Le Matin. Le 31 décembre, Ali Dilem, caricaturiste du quotidien Liberté, est condamné par le tribunal d’Alger à une amende de 20 000 dinars (environ 240 euros) pour un dessin sur l’assassinat du président Boudiaf. En fin d’année, il est poursuivi pour trois autres dessins. Le même jour, S.A.S., chroniqueur du Matin, et la direction du journal sont condamnés à 980 000 dinars (environ 12 000 euros).



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