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Mauritanie


-  Superficie : 1 030 700 km2.
-  Population : 2 747 000.
-  Langue : arabe (off.).
-  Nature de l’Etat : république unitaire.
-  Chef de l’Etat : colonel Maaouya ould Sid’Ahmed Taya.

Mauritanie - Rapport annuel 2003

Alors que le gouvernement s’est déclaré, en mai, en faveur d’une "presse forte, libre et professionnelle", sept publications ont été l’objet d’interdictions. En fin d’année, un journaliste a été condamné à une peine de prison, une première depuis dix ans.

Le régime du colonel Taya continue d’exercer un contrôle étroit sur la presse écrite comme audiovisuelle. Malgré les engagements du gouvernement, en mai, en faveur d’une "presse forte, libre et professionnelle", l’année a été jalonnée de censures et actes d’intimidation.

Pas moins de sept publications ont été l’objet d’interdictions en vertu de l’article 11 de l’ordonnance-loi du 25 juillet 1991 relative à la liberté de la presse, qui sanctionne les journaux dès lors qu’ils abordent les sujets "tabous". Selon cet article, "le ministère peut, par arrêté, interdire la circulation, la distribution ou la vente de journaux [...] qui portent atteinte aux principes de l’islam ou à la crédibilité de l’Etat, causent un préjudice à l’intérêt général ou troublent l’ordre et la sécurité publics [...]".

Deux journalistes ont été arrêtés pour avoir osé parlé des activités du mouvement clandestin Conscience et Résistance, basé à Paris. En fin d’année, un journaliste a été condamné à une peine de prison, une première depuis dix ans.

Un journaliste incarcéré

Le 12 avril 2002 au soir, Mohamed Fall Ould Oumere, directeur de publication de l’hebdomadaire francophone La Tribune, est arrêté par la police à Boutilimitt (150 km à l’est de Nouakchott). Une source policière a précisé à l’Agence France-Presse que cette interpellation s’inscrivait dans le cadre de l’enquête sur les activités de l’organisation clandestine Conscience et Résistance (CR).

Le 25 mars, La Tribune a publié un article évoquant une récente visite clandestine de dirigeants de l’organisation en Mauritanie. Selon un des proches du journaliste, "Mohamed Fall Ould Oumere s’apprêtait à publier prochainement le manifeste de l’organisation qui excluait toute négociation avec le pouvoir en place. Il était le seul à être en possession de ce document. Par ailleurs, il a été arrêté au moment où il enquêtait sur l’arrestation, la veille, du professeur Mohamed Baba Ould Said, accusé d’entretenir des liens étroits avec cette organisation". Il a été libéré le 21 avril.

Trois journalistes interpellés

Le 7 mars 2002, Saed el-Din, rédacteur en chef du quotidien arabophone Al Hourriya, et Salah Alim, caricaturiste, sont arrêtés par la police. Le second est accusé d’avoir fait des dessins critiques du bureau des taxes et des douanes. Ils sont relâchés le même jour. Saed el Din avait déjà été interrogé, en janvier, par des membres des services de sécurité et le directeur du journal l’avait été, en février, en raison de la ligne politique du journal. 3 000 exemplaires du journal avaient été saisis avant distribution le 4 février.

Le 19 septembre, Mohammed Mahmoud Ould Bakkar, directeur de publication des hebdomadaires Al Kaima et Assahafa, est arrêté par des policiers en civil à l’aéroport de Nouakchott. Il est interrogé par la police sur ses "relations" avec le régime libyen et l’organisation clandestine Conscience et Résistance (CR), basée en France. Mohammed Mahmoud Ould Bakkar est également membre du Comité pour le respect de l’éthique et de la déontologie (CRED). Il est libéré le 21 au soir. Aucune poursuite judiciaire n’a été engagée contre lui.

Journalistes agressés

Le 18 avril 2002, plusieurs journalistes de la presse privée sont agressés par la police anti-émeutes alors qu’ils couvrent une manifestation de la société civile en faveur du peuple palestinien. Parmi eux, figure Abdrahmane Ould Horma Ould Babana, président du CRED.

Pressions et entraves

Le 4 février 2002, 3 000 exemplaires d’Al Hourriya sont saisis avant distribution. Les raisons en demeurent inconnues.

Le 22 avril, Arraya, hebdomadaire arabophone (proche du Rassemblement des forces démocratiques, ex UFD/EN, principal parti d’opposition dissous en octobre 2000), est saisi sans explication avant sa parution. Le directeur de publication, Ould Wedi’a, déjà interpellé à deux reprises lors de rafles dans les rangs de l’UFD/EN, est convoqué par la direction de la Sûreté de l’Etat, entendu quelques heures, puis relâché. Les services de renseignement voulaient savoir comment le journal avait appris qu’un bateau israélien avait débarqué une cargaison d’armes au port autonome de Nouakchott. L’hebdomadaire francophone, Le Calame, est également censuré, vraisemblablement pour les mêmes raisons.

Le numéro daté du 8 mai de l’hebdomadaire Assahafa est saisi par le ministère de l’Intérieur en vertu de l’article 11. L’édition du 30 mai de l’hebdomadaire arabophone Errai est également censurée sur décision du ministère de l’Intérieur. Aucune explication n’a été fournie. Selon Ahmedou Guadia, rédacteur en chef de Errai, cette décision pourrait être motivée par la publication d’un article qui traitait du référendum constitutionnel organisé en Tunisie le 26 mai.

Le numéro 165 (daté du 2 juillet) de l’hebdomadaire francophone La Tribune est interdit de paraître en vertu de l’article 11 . Cette censure de La Tribune pourrait être liée à un article intitulé "Elections du conseil de l’Ordre". Ce texte critiquait la façon dont s’était déroulée, le 27 juin, l’élection du bâtonnier de l’ordre national des avocats, en relatant la tentative avortée du pouvoir de saboter la victoire du candidat sortant, Me Mahfoudh Ould Bettah.

Le numéro 219 (daté du 19 août) de la version arabe de l’hebdomadaire Le Calame ne reçoit pas l’autorisation d’impression du ministère de l’Intérieur, en vertu de l’article 11. Il contenait un article faisant état du récent voyage privé, en France, du président mauritanien Maaouya ould Sid’Ahmed Taya. Cette visite avait été ponctuée par des manifestations de mouvements d’opposition mauritaniens et d’organisations françaises de défense des droits de l’homme.

Le 3 octobre, le gouvernement décide la levée d’interdiction de travail du correspondant de Radio France Internationale et RMC Moyen-Orient en Mauritanie, Mohamed Lemine Ould Bah. Mais "l’interdiction de la diffusion en modulation de fréquence (FM) des programmes de RFI reste en vigueur", indique une source officielle. Le 5 avril 2001, le journaliste avait été convoqué par le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Rachid Ould Saleh, peu après la diffusion de son sujet sur RFI consacré à la visite du président mauritanien, Maaouya ould Sid’Ahmed Taya, au Sénégal. Le journaliste avait évoqué le réchauffement des relations entre la Mauritanie et le Sénégal dû, selon lui, au fait que la Mauritanie pourrait bientôt constituer un exportateur de pétrole intéressant pour le Sénégal. "Cela fait un certain temps que vos sujets portent atteinte aux intérêts de la Mauritanie", avait déclaré le ministre, en mentionnant un autre reportage du journaliste consacré à la dissolution du principal parti d’opposition, l’Union des Forces démocratiques - Ere Nouvelle, en octobre 2000. Le gouvernement avait interdit, en novembre 2000, la diffusion en modulation de fréquence de RFI, reprochant à la radio de ne "parler de la Mauritanie (...) que pour évoquer ses aspects négatifs".

Le 20 novembre, Mohamed Ould El Kory, directeur de publication de Inimich, est condamné à sept jours de prison et à une amende de 600 euros. Bechir Ould Moulaye Elhacen, un homme d’affaires mauritanien, avait porté plainte contre lui pour "diffamation et outrage". L’avocat de Mohamed Ould Elkory a fait appel. Cette condamnation est une première dans l’histoire de la jeune presse indépendante. Le 17 décembre, les exemplaires du numéro 97 de l’hebdomadaire Raya sont saisis en vertu de l’article 11 de la loi sur la presse de 1991. Un article sur la visite secrète de l’ambassadeur d’Israël en Mauritanie, dans la ville de Nouadhibou (Ouest) où séjourne un responsable palestinien qui a obtenu l’asile dans le pays, serait à l’origine de cette censure.



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