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Nations Unies15.03.2004

60e session de la Commission des droits de l’homme : la mascarade continue
25 Etats qui siègent à la Commission n’ont même pas ratifié les textes qu’ils sont chargés de faire respecter

Après le scandale provoqué l’an passé par la nomination de la Libye à sa présidence, la Commission des droits de l’homme a perdu toute crédibilité. Reporters sans frontières a réalisé une campagne de presse pour dénoncer cette mascarade.

Du 15 mars au 23 avril 2004, se tient à Genève la 60e session de la Commission des droits de l’homme des Nations unies. Après le scandale provoqué l’an passé par la nomination de la Libye à sa présidence, cette Commission a perdu toute crédibilité.

Cette année, parmi les 53 Etats qui y siègent et sont chargés de faire respecter pactes, conventions et autres traités sur les droits de l’homme, 25 n’ont même pas ratifié l’ensemble de ces textes. C’est un peu comme si l’on demandait à des voleurs de présider un tribunal et de juger d’autres malfrats...

Reporters sans frontières a réalisé une campagne de presse pour dénoncer cette mascarade. L’organisation pointe notamment du doigt les cas de l’Arabie saoudite, de la Chine, de Cuba et du Zimbabwe. Ces quatre pays sont parmi les plus répressifs au monde en matière de liberté d’expression. Cuba et la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes, l’Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met tout en œuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la Commission des droits de l’homme des Nations unies. Ils sont les exemples les plus frappants de ce système absurde où des Etats sont à la fois juges et parties.

Il est urgent de réformer en profondeur cette Commission. Déjà, en 2003, Reporters sans frontières avait adressé un certain nombre de recommandations aux Nations unies et à plusieurs Etats. L’organisation avait notamment proposé que seuls siègent à la Commission les pays qui ont ratifié l’ensemble des instruments internationaux des droits de l’homme. Reporters sans frontières avait également demandé la suppression des motions de non-action, qui empêchent tout débat sur des pays qui violent massivement les droits de l’homme.

Les 25 Etats qui n’ont pas ratifié l’ensemble des textes protégeant les droits de l’homme : Arabie saoudite, Bahreïn, Bhoutan, Chine, Congo, Corée du Sud, Cuba, Egypte, Erythrée, Etats-Unis, Ethiopie, Gabon, Guatemala, Inde, Indonésie, Japon, Mauritanie, Nigeria, Ouganda, Pakistan, Qatar, Sierra Leone, Soudan, Swaziland, Zimbabwe.