Honduras | 2.05.2003

Honduras - Rapport annuel 2003

 

L’arrivée à la présidence de Ricardo Maduro, en janvier 2002, s’est accompagnée d’une baisse de la tension qui avait marqué les relations entre le pouvoir et la presse à l’époque de son prédécesseur, Carlos Flores Facussé. Des désaccords subsistent néanmoins autour de l’utilisation supposée de la publicité publique comme récompense ou punition des médias, selon leur couverture de l’action gouvernementale. Les poursuites engagées cette année contre la journaliste Sandra Maribel Sánchez témoignent de la survivance de textes rétrogrades et liberticides en matière de liberté de la presse.

Quatorze journalistes agressés
Le 24 octobre 2002, quatorze journalistes de neuf médias différents, couvrant une manifestation organisée à Tegucigalpa par plusieurs syndicats, sont victimes de jets de pierres lancés par les manifestants et de la charge de la police. Edwin Murillo, cameraman de la chaîne Canal 11, est frappé et son matériel détruit par des policiers pour l’empêcher de filmer la répression.

Pressions et entraves
Le 10 mai 2002, l’avocat de Vera Sofía Rubí, ancienne directrice de la Cour des comptes, demande qu’un mandat d’arrêt, assorti d’un ordre d’interdiction de sortie du territoire, soit délivré contre Sandra Maribel Sánchez, de Radio América. La journaliste est poursuivie pour "espionnage" et "exercice illégal du journalisme" par l’ancienne fonctionnaire qu’elle avait mise en cause dans une affaire de trafic d’influence. Il lui est également reproché de ne pas appartenir au Collège des journalistes du Honduras, auquel l’inscription est obligatoire. La journaliste risque quatorze ans de prison.
Le 10 juillet, dans les colonnes du quotidien Tiempo, les responsables de la chaîne de télévision Canal 13 et de la station Radio Reloj accusent le gouvernement de vouloir faire pression sur leur ligne éditoriale en leur retirant toute publicité publique. Selon les deux médias, il s’agit d’une sanction après leur couverture d’un voyage privé du président Ricardo Maduro en Italie pour retrouver sa compagne. Selon une responsable d’El Tiempo, le quotidien aurait temporairement souffert des mêmes sanctions.

   
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